Concernant les rapprochements avec « Sud-Ouest », le SNJ n’a pas été convaincu par la version light présentée par Olivier Faguer, président du directoire du groupe « Sud-Ouest », mardi dernier devant le comité de groupe, ni par son engagement à ne pas toucher aux rédactions des deux titres, hier soir devant les sociétés du personnel. Ce midi, Jean-Michel Baylet n’a pas été plus convaincant en voulant ne rien dire ou presque, mais en ne fixant pas d’exclusives à propos du champ d’action du GIE : pour lui, c’est « possible dans tous les domaines ». Le PDG de « La Dépêche » a reparlé de l'indépendance du groupe, et s’est dit simplement « ouvert à tout ce qui peut permettre le développement de La Dépêche » précisant que « ce n’est pas tout seul qu’on va s’en sortir » que « deux journaux indépendants on intérêt à réunir leurs forces », en évoquant le spectre menaçant des fonds de pension (si, si). On sait bien que les projets de fonctionnement commun avec « Sud-Ouest » ont de fortes chances de dépasser le domaine des achats de papier, arbre mort qui cacherait la forêt. A plus ou moins long terme, après les « mises en commun de moyens » et les « passerelles », on en viendra aux « synergies », partielles ou totales pour aboutir sinon à la disparition, du moins à la perte d’identité et de substance propre des titres.
C'est la même logique qui prévaut dans les velléités (avouées à « Sud-Ouest », tues à « La Dépêche ») de rachat du groupe « Midi Libre ». Comment croire qu’il ne s’agirait que d'une juteuse opération financière ? Comment ne pas envisager que dans les départements qui comptent trois quotidiens et dont les directions auraient des intérêts communs (Lot-et-Garonne, Aveyron et Aude) on ne s'acheminerait pas un jour ou l'autre vers une ou des synergies rédactionnelles ? Comment ne pas penser, par exemple, que les dirigeants ne verraient pas dans le vivier des quatre vingt journalistes aveyronnais l'aubaine d'opérer des économies d'échelle en réduisant les effectifs de moitié ? Et que dire des infos géné ?
En la matière, le SNJ considère que les journalistes du groupe Dépêche ont déjà donné. De fin 2001 à fin 2006, « La Dépêche » a perdu 25 journalistes en CDI dont une douzaine de postes en rédaction détachée. Des pertes ont été subies dans des proportions similaires au « Petit Bleu » et à « La Nouvelle République des Pyrénées ». La synergie dans les Hautes-Pyrénées a été mise en place sans respecter l'avis des syndicats et des journalistes, sur des bases sociales faussées et dans une usine à gaz organisationnelle toujours au bord de l’explosion. Ce même modèle qui, pourtant, ne peut servir d'exemple, est en court d'exportation en Lot-et-Garonne où le contexte est encore plus difficile.
On connaît les résultats de ces politiques : certes, des économies de masse salariale, mais aussi des titres qui perdent leur identité, voire leur lectorat (c'est particulièrement dramatique pour le Petit Bleu depuis fin 2003). Il n'y a guère que depuis six mois que les ventes se portent un peu mieux à « La Dépêche » : depuis que les effectifs des journalistes en CDI sont stabilisés, voire progressent un peu avec l'intégration de pigistes. Cette corrélation entre effectifs et ventes est frappante.
Aussi, les rédactions n'ont que faire des belles opérations financières et des synergies. Elles ont surtout besoin de sang neuf et supplémentaire après les saignées subies. Les journalistes veulent avant tout des moyens adéquats pour exercer leur métier et leur savoir-faire ; le tout sur la base de projets rédactionnels forts et de qualité, élaborés dans la concertation et non pas de fumeux ersatz journalistiques virtuels construits à partir de prétendues enquêtes marketing.
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