Média Sud-Europe

Lundi 22 octobre 2007
Réunis le samedi 8 septembre 2007 à Toulouse, les représentants du SNJ de Centre Presse, La Dépêche du Midi, L’Indépendant, Midi Libre et Sud-Ouest ont adopté une position commune dans le cadre du projet de rachat du Groupe Midi Libre par le Groupe Sud-Ouest (GSO) et le Groupe La Dépêche (DDM).

Pour les représentants syndicaux des journalistes, ce rachat ne saurait être limité à une simple opération financière et ils exigent des informations claires et transparentes à son sujet, ainsi que sur les projets portés par les repreneurs.

Il est notoire que les concentrations dans la presse quotidienne régionale se traduisent presque toujours par des compressions de personnels toutes catégories confondues et des rationalisations de moyens mettant en péril l’indépendance rédactionnelle, l’identité des titres, le pluralisme de l’information et la cohésion sociale des entreprises.

Face à ces risques, les sections SNJ des groupes de presse concernés ont décidé de former un Conseil de vigilance qui définira des stratégies communes et les actions adaptées si ces menaces devaient prendre corps.

Il est demandé aux dirigeants de chacun de ces groupes de s’engager clairement sur :
      -   le maintien intégral du périmètre des titres.
      -   le maintien des équipes rédactionnelles.
      -   le total respect des droits statutaires des journalistes (droits d’auteur
     notamment).
     -   la conservation des avantages acquis.
     -    l’entame, au plus tôt, de négociations sur le statut juridique des
    rédactions.
Par SNJ_MP
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Mercredi 17 octobre 2007
Concentration dans le Grand Sud-Ouest : une atteinte grave au droit à l’information  (Acrimed-Toulouse)

Le rachat du groupe Midi Libre par le groupe Sud Ouest, alors que ce dernier vient de se rapprocher du groupe La Dépêche du Midi en constituant le GIE (groupement d'intérêt économique) Média Sud Europe, ne peut qu'inquiéter les lecteurs de la presse quotidienne régionale et départementale de cette vaste région du grand sud ouest de la France, et plus généralement, tous ceux qui sont attachés au pluralisme de l'information. L'axe Bordeaux - Toulouse - Montpellier ouvre, aux dires même des acteurs de ce rapprochement, une autoroute à toutes les «rationalisations » et « synergies », lourdes d'atteinte au droit à une information complète et indépendante de tous les pouvoirs. 

Certes, la concurrence commerciale entre les groupes Sud Ouest, La Dépêche du Midi et Midi Libre  n’est pas une garantie de la qualité de l’information, minée par la précarité galopante des journalistes (qui réduit au silence les plus fragiles), et par la complaisance, voire la  connivence de tant de chefs de services, avec les pouvoirs internes ou externes. Certes, cette même concurrence ne garantit pas non plus que tous les journalistes respectent la déontologie professionnelle et se souviennent qu’ils doivent ce respect d’abord aux lecteurs. Certes, la pluralité des groupes et des titres n’assure pas tous les mouvements sociaux et politiques et leurs représentants qu’ils pourront se faire entendre des rédactions et que leur propre droit d’informer sera satisfait. Mais, au moins, parce que la concurrence commerciale impose aux directions d'avoir les yeux également rivés sur les chiffres de la diffusion, les responsables associatifs, syndicalistes, militants et élus locaux pouvaient jusqu'à présent trouver auprès de quelques journalistes une oreille attentive, pour peu que ceux-ci sachent utiliser auprès de leur direction, ce sésame efficace : « si ne je sors pas cette info, on risque d'être doublé par la concurrence ».

La concentration Sud Ouest / La Dépêche / Midi Libre risque grandement de porter un coup fatal à ce qui restait de ce pluralisme, pourtant mutilé par la course à la publicité et la dégradation des conditions de travail des journalistes. Dans des départements comme l'Aude (où sont diffusés Midi Libre / l’Indépendant et La Dépêche du Midi), l'Aveyron (Centre Presse, Midi Libre, La Dépêche), le Gers (Sud Ouest, La Dépêche), le Lot-et-Garonne (La Dépêche, le Petit-Bleu d’Agen, Sud Ouest), la presse quotidienne régionale, nous le redoutons, ne parlera plus que d'une seule voix. Sans doute, les responsables d'édition plus sensibles au marketing qu'à la mise en valeur de l'information sauront-ils habiller cette « mutualisation » des moyens rédactionnels qu'annoncent leurs patrons. Mais c'est le même journal, fait par les mêmes journalistes, puisant aux mêmes sources, et confrontés aux mêmes rétentions d'information, qui sera proposé au lecteur. On gardera son nom à chaque titre, on modifiera l'apparence de la première page, mais le contenu sera tristement identique. Les exemples sont multiples (voir dans les Hautes-Pyrénées ou les Pyrénées-Orientales).

Plus généralement, et plus insidieusement encore, la concentration du pouvoir dans les mêmes mains et le partage du territoire en toute « cohérence » qui s'ensuivra auront forcément des conséquences sur la ligne éditoriale de l'ensemble du groupe, afin d'éviter que ne paraisse une information « gênante » pour les détenteurs du groupe de presse comme pour le pouvoir politique ou économique, puisque ces derniers tiendront désormais d'une seule main, une seule régie publicitaire, l'ouverture ou la fermeture du robinet aux publicités payantes.

Face aux lourdes menaces qui pèsent sur l'indépendance rédactionnelle de chaque titre concerné par cette concentration et sur le pluralisme que cette indépendance, bien que relative, permettait encore d'assurer, les journalistes et l'ensemble des personnels qui ne savent que trop ce que « rationalisation » signifie en termes d'emplois et de conditions de travail, doivent bénéficier du soutien de tous. Mais parce que la défense du pluralisme de l’information et l’indépendance des journalistes  n’est pas seulement l’affaire de ces derniers, nous appelons les responsables associatifs, militants, syndicalistes, élus locaux et tous les citoyens attachés à la liberté de la presse à manifester leur refus de ces concentrations. Ce refus peut s'exprimer en interpellant les pouvoirs publics et le gouvernement (avant que la direction de la concurrence qui dépend du ministère des finances ne donne une fois encore son feu vert à ce type d'opérations), mais ce refus peut aussi et avant tout s'exprimer en interpellant les actionnaires du groupe en formation afin d'obtenir de leur part des engagements clairs, concret et précis pour garantir une réelle indépendance éditoriale des équipes rédactionnelles et, par voie de conséquence, préserver l'identité de chaque titre.
Aux côtés des syndicats de journalistes et des organisations professionnelles, l'Association Action-Critique-Médias (Acrimed) entend contribuer aux débats et aux mobilisations nécessaires, dans notre région comme partout ailleurs en France, où les mêmes concentrations  produisent déjà leurs néfastes effets.

Pour en débattre et organiser d’ores et déjà la défense du droit à l’expression citoyenne, nous organisons une réunion publique le lundi 5 novembre à 17h30 à la Bourse du travail, 19 place Saint-Sernin, avec la participation de journalistes SNJ et SNJ-CGT .
Par SNJ_MP
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Samedi 7 juillet 2007

L'annonce simultanée du rapprochement avec la Dépêche et de la réunion des rédactions du groupe dans un pôle média sont lourds de menaces pour les journalistes de « Sud Ouest ».

   
Alors que les rédactions de « Sud Ouest » subissent chaque jour un peu plus de pression et que la multiplication des supports internes (suppléments) et externes (« Sin Fronteras ») accroît la charge de travail sans aucun renforcement des équipes, les annonces faites vendredi 22 juin 2007 par les dirigeants du groupe ne peuvent qu'accentuer un malaise qui atteint la cote d’alerte.

La constitution d'un pôle média où Pyrénées presse d'un coté et « la Charente Libre » de l'autre exerceraient un leadership sur les initiatives dans leur zone, aussi bien que la création du GIE Média Sud Europe avec la Dépêche, participent de l'affaiblissement de l’indépendance des titres.  L'un comme l'autre font peser de réelles menaces, à terme, sur l'emploi à la rédaction.

Le pôle média, parce que l'objectif ne se borne évidemment pas à acheter ensemble des gommes et des crayons, ou à économiser des camions, comme on voudrait nous le faire croire. Partout, et notamment à « la Dépêche » où Baylet a transformé en sociétés filiales distinctes les rédactions, la pub, et les imprimeries, ces organisations aboutissent à terme à des regroupements de rédactions aux statuts différents, à des échanges gratuits de papier ou de pages. C’est l’abaissement des coûts par l’abaissement des charges salariales.

 A « Sud Ouest », quel sera le sort des agences locales détachées  des Pyrénées Atlantiques ou de Charente ? Que restera-t-il de l'autorité rédactionnelle de Sud Ouest dans les "synergies" de ces mêmes départements ? Comment ne pas voir dans les options de renforcement au sud de l’édition des Charente, et à l’ouest de l’édition du Béarn, annoncées ces dernières semaines par la direction des éditions,  les prémices d’un partage de ces territoires ? 

Le GIE Média Sud Europe pose les mêmes questions pour les agences de Sud Ouest à Auch, et celles de « la Dépêche » à Agen et Villeneuve. Partout encore, les rapprochements de journaux concurrents se paient en emplois, parfois en disparition de titres. Les concentrations se font toujours aussi au détriment du pluralisme, à l'opposé des besoins de la démocratie, à l'opposé aussi des attentes des lecteurs, qui démontrent chaque jour qu'ils attendent des médias plus divers, plus inventifs, moins uniformisés.

Agir. Certes nous n'en sommes pas là. C'est justement pourquoi il faut agir. A ce titre, le SNJ soutient la position de la société civile des journalistes et de l'amicale des journalistes au conseil de surveillance, et la motion de défiance. Si le groupe espérait prendre la rédaction de court en annonçant ces mesures juste avant les vacances, c'est raté. Mais tout pourrait quand même aller très vite. En effet, la création du GIE est avant tout destinée à se positionner pour le rachat du "pôle sud" PQR du Monde, à savoir le Midi Libre et l'Indépendant de Perpignan, dont le groupe désormais présidé par Pierre Jeantet veut se désengager. Là encore, ce sont des menaces pour les rédactions concernées de la Dépêche et du Midi Libre en Aveyron et dans l'Aude.    

Tout sauf Baylet. Enfin, comment imaginer de développer l'activité "pluri-média" de « Sud Ouest » en partenariat avec le journal de Jean-Michel Baylet, un patron qui a fait de « la Dépêche » l'outil de ses intérêts politiques, au mépris de ses journalistes et à l'opposé des valeurs d'indépendance, de pluralisme et de tolérance qui sont celles de Sud Ouest ? Un PDG qui a redressé ses résultats économiques en fermant par exemple, ses agences locales détachées hors zones de concurrence ? Si ce rapprochement est plutôt perçu comme une bouffée d'oxygène par nos confrères de Toulouse, c'est qu'ils connaissent trop bien leur patron. Même si Patrick Venries s’est posé en garant de l’intégrité éditoriale de « Sud Ouest » dans le GIE lors de l’AG des journalistes de Bordeaux, que pèse aujourd’hui le directoire de Sapeso, alors que GSO décide pour lui et sans lui ?


Le Groupe Sud Ouest a les moyens économiques du développement de « Sud Ouest », en toute indépendance.  Si des alliances se révèlent inévitables dans le contexte de la crise de la presse papier et de concentration du marché publicitaire, elles doivent se faire dans le respect  total des valeurs, de  l'identité et de l'indépendance éditoriale de chacun des titres, dans la préservation (et pourquoi pas le développement) de l'emploi, et dans le respect des statuts. Si des opérations communes sont utiles entre les titres et médias du groupe, elles ne nécessitent nullement la dissolution des rédactions dans un « pôle média ». 

 

Le SNJ « Sud Ouest » appelle la rédaction à la vigilance face à ces projets, préparés dans le plus grand secret à l'égard des organisations syndicales, ce qui n’est jamais bon signe. 

Le SNJ dit  non au projet de pôle média au sein de GSO, comme aux  développements éditoriaux communs entre le groupe « Dépêche » et le groupe « Sud Ouest », quels que soient les supports. 


APRES LE COMITE DE GROUPE.

 

Olivier Faguer minimise . Le président du directoire du Groupe Sud Ouest a présenté une version « light » de ces deux dossiers devant le comité de groupe de mardi, alors qu’il avait reçu lundi soir la motion de défiance de la rédaction. Il a confirmé que le dossier de la vente de Midi Libre par Le Monde a précipité le rapprochement avec la Dépêche du Midi, et en constitue l’objectif principal. Olivier Faguer a qualifié de « naturel » le lancement du GIE, de par les nombreux points communs qui existent entre les deux groupes du point de vue de la structure.

En ce qui concerne la ligne éditoriale, il a assuré qu’il avait bien entendu l’inquiétude des journalistes et que le périmètre éditorial serait « clairement exclu des statuts » du GIE. Ce GIE (constitué sans apport de capital et pour une durée limitée) n’est selon lui qu’une structure de réflexion destinée à étudier les synergies (co-éditions de guides régionaux, démarche auprès d’annonceurs nationaux pour des campagnes à l’échelon du grand sud ouest par exemple). (Remarquons que c’est  en contradiction avec le communiqué commun des deux groupes qui parle « d’axes de développement forts sur toute forme de média, presse quotidienne et hebdo, magazine, presse gratuite, web, mobile, télévision, édition », et avec le communiqué interne de GSO qui évoque « l’ensemble des synergies possibles, tous métiers confondus ». Double discours ou premier recul ? L’avenir le dira).

Le discours d’Olivier Faguer est le même sur le dossier du pole média : « chacun garde son indépendance éditoriale ». La notion de « quotidien dominant dans sa zone » qui mettrait en place des synergies avec les autres titres nous a laissé perplexes et annonce des arbitrages homériques au sein du comité directeur dont le président  a rappelé que sur une dizaine de membres cinq appartiendraient  à Sapeso

Par SNJ_MP
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Mardi 26 juin 2007
Vendredi 22 juin 2007, les groupes «La Dépêche du Midi» et «Sud-Ouest» ont annoncé la création du Groupement d’Intérêt Economique « Média Sud-Europe ». Le but avoué de ce GIE est d’étudier toutes les synergies et les développements possibles entre les deux groupes, constituant ainsi un premier pas dans une association dont l’objectif est de consolider leurs positions, en évoquant déjà la mise en place d’axes de développement fort sur toute forme de média (presse quotidienne et hebdomadaire, presse magazine, presse gratuite, web, mobile, télévision etc.)  


En dehors du communiqué commun du 22 juin, les directions des deux groupes se sont montrées plutôt discrètes sur leurs véritables intentions. Pour preuve, la brève information de Jean-Michel Baylet aux élus, lors du CE de ce même vendredi.

Quatre jours après, si on n’en sait pas beaucoup plus de manière officielle, les commentaires vont tout de même bon train dans les rédactions. Les propos d’Olivier Faguer (président du directoire du Groupe Sud-Ouest), rapportés dans un article du «Monde» lundi 25 juin, sont plus révélateurs : Nous sommes dans une réflexion de développement industriel et il y aurait du sens à se rapprocher ensuite d’autres groupes voisins dont Midi Libre

Voilà qui est clair quand on sait que le projet de Pôle Sud du «Monde» – regroupement de tous les journaux du Sud méditerranéen, y compris ceux appartenant au groupe Hachette – ne se fera pas comme le souhaitait Jean-Marie Colombani.  Pierre Jeantet, qui vient d’être élu à sa place à la tête du «Monde», n’a-t-il pas fait campagne en  annonçant qu’il cèderait rapidement le groupe Midi Libre ?

Le GIE Média Sud-Europe ne concernerait donc pas uniquement les deux grands quotidiens du sud-ouest, et son appellation, que d’aucuns pouvaient croire pompeuse, voire grandiloquente, serait tout à fait adaptée à ses ambitions réelles. 

Aujourd’hui, le SNJ attend des informations officielles plus précises pour se déterminer dans chaque entreprise. Les dirigeants du GIE se proposant d’étudier toutes les synergies et développements possibles, les représentants des personnels vont devoir redoubler de vigilance. Les conséquences des synergies, notamment rédactionnelles, sont en effet bien connues, sur l’emploi, l’indépendance éditoriale, l’organisation du travail etc.

Les combats actuels du SNJ pour l’indépendance juridique des équipes rédactionnelles et la limitation des concentrations prennent ici toute leur valeur.

Ses représentants ne manqueront pas à leurs devoirs dans une presse du Grand Sud appelée à de profonds et rapides bouleversements.

SNJ Dépêche, avenue Jean.--Baylet 31095 Toulouse cedex. 
Tél., fax, répondeur : 05.62.11.35.04.    
e.mail : snjdepeche@wanadoo.fr

Par SNJ_MP
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